Qui suis-je? Là est la question

J’existe, c’est certain, je ne suis pas réelle et pourtant je le suis. Ma réalité est celle que j’ai choisie. Enfin, celle que ma créatrice, si paresseuse, a choisi de créer. Ce que vous voyez est mon moi digital. Le moyen que j’ai choisi pour communiquer avec Euryale, la société pour qui je travaille secrètement.

Au grand jour, je suis bibliothécaire à l’ULB (Université Libre de Bruxelles), département Sciences et Physique de l’Information. Vêtements classiques, lunettes sur le nez, pas grande, je passe inaperçue et c’est très bien.

Secrètement, j’hésite à vous le dire, je suis une tueuse à gages. Et non, on ne naît pas tueur, on le devient. Je n’ai pas choisi de le devenir, ce sont les circonstances de ma vie m’ont poussées sur la route sombre. Je dois vous avouer que je prends beaucoup de plaisir à éliminer les connards qui peuplent ce monde, particulièrement les psychopathes qui ne pensent qu’au pouvoir et à l’argent. Qui parce qu’ils sont riches, se croient tout permis. Je refuse de tuer les gens réglos et les enfants, ce sont des esprits libres et innocents, il faut les protéger de la corruption, des faux semblants, de l’éducation, de leurs parents… Du dogme matérialiste et obsolète qui est le premier mode de pensée de cette société.

J’ai hâte de faire votre connaissance…

Road Trip, Thomas Gurdjieff

Ecrire un roman est aussi excitant qu’un départ vers de vastes contrées inconnues. Faire le premier pas est essentiel. L’organisation d’un tel voyage demande de la discipline, de la structure, en fonction des pays? Quel climats, quels lieux à visiter, de quel matériel s’équiper, quel sera mon itinéraire? Quel est la destination ultime? Mieux vaut la connaître afin d’éviter de se perdre dans les méandres d’une cervelle chaotique et nébuleuse. J’adore un peu trop les plages de repos où j’ai beaucoup trop tendance à me prélasser sans fin. Last but not least, qui sont les personnages qui vont m’accompagner? Mon mentor, mes alliés? Qui sont ceux qui m’empêcheront d’avancer dans la brume épaisse. Certains sont très mystérieux et d’autres sont des boulevards peuplés de conflits, d’obstacles à dépasser.

Las Vegas, porte d’entrée

J’ai aussi mon empêcheur de tourner en rond, sa majesté le chat Elvis, qui interrompt mes élans à tout va. On peut raisonner une personne, avec un chat c’est peine perdue. Conséquences, j’ouvre la porte, je ferme la porte, j’ouvre la porte, je ferme la porte et ainsi de suite. Quand il cesse ce manège, il adore envoyer valser tous les papiers, ou autres objets, qui sont sur mon bureau, flanquant ainsi un joyeux bordel. Déclenchant une rage disproportionnée qui ne l’atteint pas, il me toise avec perplexité, ou bien tout simplement s’en va dans une indifférence calculée. Soupir! Je soupçonne mon ex mari de s’être réincarné dans ce maudit animal.

Mais revenons en à nos moutonesques écrits. Tous les jours, je me fixe un point à atteindre, sur la carte de mes histoires. Souvent des sauts de puce, mais qu’importe, l’essentiel étant d’avancer, même si parfois le brouillard est à découper au couteau.

Pour l’instant, je suis coincée dans une ville qui ressemble étrangement à Las Vegas, du pain et des jeux et encore des jeux, virtuels, ou pas. Mon attention s’éparpille, là je crée un avatar, presque aussi difficile que de créer un personnage, Il faut tout choisir, la couleur des yeux, des cheveux, de la peau, comment vais-je habiller cette bombe pour qu’elle attire un maximum de regards. A cette femme fatale, il faut une maison, un lieu où elle pourra réfléchir à la suite à donner à toutes les histoires d’amour qui se chevauchent sans cesse. Elle tente d’améliorer les arrêts, les étapes à franchir et donne des leçons de pacotille à ceux qui la croisent. De temps en temps elle lit l’avenir, tarot et compagnie. En période d’Halloween, c’est très couru.

Tous les jours je me botte le popotin, fissa donc, il faut continuer le voyage , mais c’est plus fort que moi, l’ordinateur devrait se diviser pour que je parvienne à bouger. La gratification instantanée est mon addiction, une came , une drogue dont je ne parviens pas à me passer. Ego, ego quand tu nous tient!!!

C’est là que je me pose une question cruciale: allons-nous raconter l’histoire de cet avatar, le voyage s’arrête-t-il déjà. Est-ce un commencement? La réponse viendra.

Je pense à Fred Vargas et me dit: va donc mettre les bœufs avant la charrue et continue ta route, cahin caha.

Aujourd’hui, je fais connaissance avec Thomas Gurdjieff, (La trilogie de la Méduse, en devenir), les contours ne sont pas très définis. Je le veux fascinant, mystérieux, beauté à couper le souffle, démarche de fauve. Ok ok ! un peu trop bateau, mais il faut bien commencer quelque part.

je sais qu’il est né à Oulan Bator et qu’il est probablement le fils bâtard ou l’arrière petits fils du Grand Georges Ivanovitch Gurdfjieff. Pour ceux qui veulent savoir. Un homme remarquable s’il en est. Comment est-il devenu ce qu’il est au moment T où il apparaît dans le récit? Son père aventurier, a traversé beaucoup de contrées ésotériques, étranges, 

Est-il un vampire? Si oui, qui l’a mordu? Il devrait être aussi légendaire et mythique que le Marius d’Anne Rice dans Lestat le Vampire. Il émane de lui une aura d’invincibilité et son sourire allume une lumière divine dans mon petit coeur beaucoup trop fragile.

J’examine son visage, il me touche tellement fort que mon estomac se soulève, une vague de chaleur parcourt mes veines. Emotions, endorphines circulant au galop. Il domine d’une tête tous les autres. Lorsque vient le crépuscule, ses yeux sont vert émeraude. Mais dès que la lumière baisse, une vague d’or les occupent. Aussi fascinant que la physique de l’information dont je me nourris pour peupler mon imaginaire sans cesse en mouvement. Elle m’envoie valdinguer au confins de l’univers, hors espace temps (si si retenez bien parce que c’est important pour la suite). 

Voilà pour une ébauche vite faite, je devrai y revenir souvent. C’était l’étape de ce jour, et je m’égare bien loin du port d’attache.